Rongeurs et maisons alsaciennes en rénovation : le piège des chantiers d’hiver
En plein hiver en Alsace, les rats et souris profitent des chantiers de rénovation pour s’inviter dans les maisons et fermes traditionnelles. Ouvertures temporaires, matériaux stockés, artisans pressés : le cocktail est parfait pour une infestation que personne n’avait anticipée.
Quand la rénovation ouvre grand la porte aux rongeurs
Depuis deux ans, on voit la même scène se répéter dans le Haut‑Rhin, le Bas‑Rhin et les Vosges : une famille lance une rénovation énergétique, change ses fenêtres, isole les combles, refait la toiture… et découvre quelques semaines plus tard des bruits dans les cloisons, des crottes dans le grenier, parfois un rat qui traverse la cuisine.
La logique est implacable :
- les chantiers créent des failles temporaires dans l’enveloppe du bâtiment
- les ouvriers laissent portes, fenêtres ou trappes ouvertes « juste le temps de… »
- les matériaux isolants stockés deviennent un nid de rêve pour les rongeurs
L’hiver 2025‑2026 est particulièrement propice à ce scénario : hausse des aides à la rénovation, multiplication des chantiers et rongeurs qui cherchent désespérément des refuges chauds. Les maisons anciennes d’Alsace, avec leurs caves et charpentes, sont des candidates idéales.
Pourquoi l’hiver aggrave tout pour les maisons en travaux
Les rongeurs suivent la chaleur, pas les calendriers de chantier
On a tendance à raisonner en planning de travaux. Eux raisonnent en survie. À Colmar ou Ribeauvillé, dès que les températures chutent, les rats et les souris intensifient leur exploration :
- ils suivent les odeurs de nourriture, mais aussi de colles, de plastiques, de laine de roche
- ils se faufilent dans les moindres interstices des murs, toitures, évacuations
- ils exploitent chaque nuit tout ce qui n’a pas été obturé correctement en fin de journée
Et comme, en hiver, vos artisans se dépêchent de rentrer chez eux à la tombée de la nuit, il se passe parfois dix à douze heures pendant lesquelles la maison est littéralement en « libre‑service » pour les nuisibles.
Isolation, menuiseries, toitures : les postes les plus à risque
Les rénovations énergétiques massives encouragées par l’État (MaPrimeRénov’ et autres dispositifs) poussent à :
- isoler les combles et rampants
- poser des menuiseries plus étanches
- refaire l’étanchéité de la toiture
Très bien sur le papier. Mais dans la vraie vie alsacienne, avec des toits pentus, des caves profondes et des annexes (remises, granges), chaque découpe de pare‑pluie, chaque percement de mur extérieur, chaque trémie créée est une invitation ouverte si elle n’est pas sécurisée chaque soir.
On voit régulièrement des chantiers où la toiture reste en « configuration provisoire » pendant plusieurs nuits, juste bâchée. Les rats de grenier, eux, n’attendent pas la facture de l’artisan pour s’installer.
Typologie des erreurs qu’on retrouve sur les chantiers d’Alsace
Les ouvertures oubliées… parce que « c’est pour deux jours »
Dans de nombreux dossiers, la première faille vient d’une sous‑estimation du temps. Un trou censé rester ouvert 24 heures le restera finalement une semaine, à cause d’une pièce manquante, d’une météo défavorable ou d’un autre chantier prioritaire.
Les points critiques que nous observons le plus souvent :
- anciennes bouches d’aération non rebouchées
- anciens conduits de cheminée condamnés à moitié
- percements pour futures VMC laissés en attente
- évacuations d’eaux usées sans clapet ni grille
Ajoutez à cela une cour intérieure encombrée de sacs de laine de roche, de planches et de cartons, et vous avez une autoroute à rongeurs depuis la rue jusqu’aux combles.
Matériaux isolants : le paradis des souris
La laine de verre, la laine de roche et la ouate de cellulose attirent les souris comme un duvet neuf attire un chat. C’est léger, isolant et facile à déplacer. Idéal pour y creuser des galeries et s’y reproduire au chaud.
On a vu des combles isolés en octobre, jamais refermés correctement car l’électricité n’était pas terminée, se transformer en colonie géante en janvier. Des dizaines de nids, des gaines rongées, des excréments partout… et une facture de remise en état qui explose le budget initial.
Comment anticiper la dératisation avant même le début des travaux
Commencer par un diagnostic, pas par un devis fenêtres
Avant de signer pour 40 000 euros de rénovation, il serait logique de savoir si votre maison est déjà un passage à rongeurs. C’est rarement fait. Pourtant, un diagnostic nuisibles avant travaux coûte infiniment moins cher qu’un chantier de rattrapage.
Lors d’un audit pré‑rénovation, on va notamment :
- inspecter les caves, vides sanitaires et soupiraux
- vérifier les raccordements aux égouts et aux drains
- examiner les combles, charpentes et isolants existants
- repérer les anciennes entrées de rongeurs (trous, galeries, crottes, marques de frottement)
Ce pré‑état des lieux permet de définir un plan de dératisation préventive adapté, surtout si vous êtes dans une zone déjà très touchée, comme certains quartiers de Colmar ou de Mulhouse.
Inclure un volet nuisibles dans le contrat de chantier
La plupart des maîtres d’œuvre ne pensent tout simplement pas aux nuisibles. À vous de mettre le sujet sur la table. Dans le Haut‑Rhin, quelques entreprises de rénovation commencent à intégrer, noir sur blanc, des engagements simples :
- obturation systématique des percements en fin de journée
- stockage des matériaux en hauteur, jamais à même le sol extérieur
- gestion quotidienne des déchets de chantier
- coordination avec un professionnel de dératisation si un risque est identifié
Ce n’est pas être « pénible », c’est protéger un investissement massif. Si votre artisan lève les yeux au ciel quand vous parlez de rats, posez‑vous des questions.
Ce que peut faire un pro 3D pendant un chantier
Surveiller, piéger, documenter
Un spécialiste comme LORADÉ ne se contente pas de poser des boîtes à appâts au hasard. Sur un chantier en cours ou à venir, notre rôle est souvent de :
- mettre en place des points de monitoring en caves, extérieurs et combles
- définir des zones à risque avec l’entreprise de rénovation
- adapter le plan de traitement à chaque étape des travaux
- réaliser un contrôle final avant isolation définitive et fermetures
Le tout est consigné dans un classeur de suivi qui peut être utile en cas de litige, notamment si les dégâts de rongeurs viennent perturber des garanties décennales ou des assurances.
Limiter l’usage de biocides, privilégier l’intelligence
En 2026, avec le renforcement des réglementations biocides et les exigences environnementales, utiliser massivement des produits toxiques est devenu inadmissible. Ni légalement, ni éthiquement.
La dératisation moderne, c’est :
- du piégeage mécanique ciblé
- du contrôle d’accès (grilles, joints, bavettes, clapets)
- des appâts sécurisés et tracés, si nécessaires
- une réflexion sur l’environnement du chantier, pas seulement sur « la bête »
C’est exactement la philosophie portée par les certifications comme le Certibiocide, que nous détenons et qui encadre l’usage responsable des produits.
Un exemple typique en périphérie de Colmar
Maison des années 70, pavillon en périphérie de Colmar. Projet : isolation extérieure, changement des menuiseries, aménagement du sous‑sol. Le chantier démarre en novembre, comme souvent pour lisser l’activité des entreprises.
Après trois semaines, la propriétaire nous contacte : bruits nocturnes dans le faux plafond, crottes dans la buanderie, odeur forte dans l’escalier menant au sous‑sol. Sur place, le diagnostic est sans appel :
- évacuation en attente dans un mur extérieur, restée ouverte suite à un contretemps du plombier
- palettes de matériaux stockées contre la façade, à proximité d’un ancien soupirail
- isolant déjà posé par endroits, mais encore accessible depuis des vides techniques
Une dératisation curative a été nécessaire, avec piégeage intensif, rebouchage des points d’entrée et contrôle des combles avant fermeture définitive. La facture totale, entre dégâts et traitements, a représenté plusieurs milliers d’euros… pour un risque qui aurait pu être anticipé pour quelques centaines.
Propriétaires alsaciens : reprenez la main sur vos chantiers
On pourrait croire que tout cela ne concerne que « les vieilles maisons pourries ». C’est faux. Des pavillons récents en bordure de champs, des lotissements en périphérie de Mulhouse, des maisons de village entièrement rénovées se retrouvent touchés parce qu’on a oublié un paramètre simple : en hiver, les rongeurs n’ont aucune intention de respecter votre planning de travaux.
Si vous préparez une rénovation à Colmar, dans les Vosges ou ailleurs en Alsace, posez clairement la question des nuisibles avant le premier coup de marteau. Faites réaliser un audit 3D, intégrez une clause nuisibles à votre chantier, et prévoyez, si besoin, un contrat préventif pendant les phases les plus ouvertes. C’est une démarche un peu plus exigeante, certes, mais elle vous évitera de transformer votre belle rénovation d’hiver en cauchemar de rats au printemps.